Ne nous soumets pas à la tentation

Un film de Cheyenne Carron

Avec Jean-François Garreaud, Guillemette Barioz, Agnès Delachair
France - 2011 - 1h45 - 1.85 - couleur

Séléction 45ème Festival HOF
(Munich - Allemagne), 2011

Prix KINEMA
25ème Festival FilmFest
(Braunschweig - Allemagne), 2011

La presse

LE MONDE

Une jeune fille s’immisce dans un couple sans histoire. Mais sous cette classique histoire d’adultère, se cache des secrets obscurs, des règlements de comptes. L’histoire est déclinée sous trois points de vue différents : avec ce dispositif qui n’a plus l’avantage de la surprise, la réalisatrice, n’évite pas les répétitions et donc les longueurs. D’autant plus que le suspense est court-circuité par des indices trop visibles et trop tôt délivrés. Heureusement le trio d’acteurs, épatant, donne de l’intensité à un scénario et une mise en scène qui en manquent.
S.W.

LE CANARD ENCHAINE

Un mari, sa femme. Il est avocat, elle s’occupe d’une galerie d’art. Un jour qu’elle s’absente, une jeune fille vient s’installer entre eux deux. Il faut se méfier des apparences. Construit à la mode chorale, avec trois points de vue qui se succèdent, ce film de Cheyenne Carron ressemble au déjà-vu. Un démon de midi, une Mademoiselle Sans-Gêne et l’épouse griffée par le temps qui assiste à son propre naufrage. Et puis non. Car la gamine pourrait être un voyou en recherche de mauvais coup. Un appât de fait divers. Ça aussi on connaît. Sauf que non, toujours pas… La vérité est ailleurs, dans la vengeance. Et seule l’épouse possède la clé du drame. L’abandonnée ? Ce n’est pas elle.
S.Ch.

PARISCOPE

Un couple d’âge mûr, en apparence heureux, accueille à son domicile une jeune fille paumée. Un acte banal qui cache amertume, désir de vengeance, mensonges. Une
histoire à trois voix pour un huis clos original et âpre.

PARIS MATCH

Quand un avocat marié (Jean-François Garreaud) aussi fidèle que coincé rencontre accidentellement une jeune femme très délurée (Agnès Delachair), cela se termine
souvent sur un lit… de problèmes. Surtout quand l’épouse (Guillemette Barioz) revient plus tôt que prévu de voyage… Ne vous fiez pas à la trame trop convenue de ce film pervers. Cheyenne Carron réussit à nous perdre dans le mirage d’un trompe-l’oeil adultérin explosif. Chaque pointe de ce triangle amoureux s’enfonce dans leurs mensonges que l’on ne découvre qu’au fur et à mesure de la mise en place des pièces de ce puzzle affectif. Un drame familial amoral mené comme un thriller par des acteurs investis, c’est tentant.

LIBERATION

Après Ecorchés puis Extase, Cheyenne Carron revient avec "Ne nous soumets pas à la tentation", film autoproduit qu’elle dit hanté par la question religieuse : « La distinction entre le bon et le mauvais, le rapport à autrui, la charité, la quête sont au coeur de mes films. » Synopsis ? Une jeune fille aux motivations troubles s’immisce dans le quotidien d’un couple sans histoire.

L’OFFICIEL DES SPECTACLES

Sous prétexte de cherche un garagiste, une jeune femme profite de la voiture d’un homme plus âgé… Lorsqu’elle rencontre de nouvelles difficultés, elle fait de nouveau appel à la gentillesse de celui-ci et finit par s’installer chez lui. Mais l’accueil réservé à cette belle fille n’est pas pour plaire à l’épouse du bon samaritain, qui s’était absentée jusqu’à présent. Etant donnée l’évolution de cette relation, sa réaction ne se révèle rapidement pas injustifiée… En s’immisçant dans la vie de couple sans histoire, l’intruse en fait affleurer les mensonges et les secrets.
Cheyenne Carron est à la fois la scénariste, la productrice et la réalisatrice de "Ne nous soumets pas à la tentation". Faisant preuve d’un grand courage, la jeune metteuse en scène a tourné son troisième long-métrage avec des moyens limités. Pourtant cet obstacle a été fort heureusement contourné : en laissant place à de jeunes talents, Cheyenne Carron a réussi à monter une équipe d’acteurs et de techniciens performants. Autant dire que le film respire la jeunesse, et que ce genre d’initiative mérite d’être salué.
LC.

PREMIERE

Un grand bourgeois recueille une lolita avec laquelle il trompe sa femme. Partant de cette situation rabâchée mille fois, Cheyenne Carron croit faire du neuf en divisant l’intrigue en trois points de vue distincts. Mais la réalisatrice ne parvient à pondre qu’un Raschômon du pauvre, toc, laborieux, bourré d’effets de manches et d’articulations grotesques, qui noient l’ensemble dans une mélasse de clichés sociologiques. Seule Agnès Delachair, petite bombe sensuelle et perverse, s’extrait du marasme. G.L

A NOUS PARIS

Pour se blottir contre son partenaire au cinéma, rien de tel qu’un petit frisson avec par exemple "Ne nous soumets pas à la tentation", un thriller français très troublant qui raconte l’étrange intrusion d’une jeune fille au sein d’un couple.

TELERAMA

Un homme marche avec effort, de dos, sur une route de campagne. Changement de plan : sur son visage défait coule un filet de sang ? A partir de cette image, Cheyenne
Carron échafaude une narration à la Raschômon, où se confrontent les points de vue de trois personnages : un quinquagénaire, sa femme et sa maîtresse - une jeune fille effrontée qui s’incruste dans l’existence de ce couple bourgeois. Entrelacs de mensonges, relations perverses, motivations obscure : une tension dérangeante émane de ce huis clos psychologique et décor hivernal. Pour distiller le malaise, la réalisatrice joue sur le dépouillement. Malgré une interprétation parfois incertaine, le récit parvient à nous faire changer de perspective sur les personnages au fur et à mesure que se dévoile(nt) leur(s) vérité(s). Sous le vernis romanesque, on entrevoit une solitude irréductible et poignante.
Mathilde Blottière

TOUTE LA CULTURE .COM

Une construction rigoureuse pour un huis-clos singulier et extrêmement attachant, à l’image de son héroïne, la jeune actrice Agnès Delachair, une révélation ! Un film à voir.

AVOIR - ALIRE.COM

Magnifié par l’impeccable prestation de l’ensemble du casting, "Ne nous soumets pas à la tentation" propose un superbe affrontement entre trois acteurs parfaitement complémentaires. Jean-François Garreaud parvient à jouer le démon de midi avec pudeur, tandis qu’Agnès Delachair s’impose rapidement comme une jeune fille espiègle et séduisante qui dissimule derrière un sourire de façade une souffrance larvée. Enfin, toute en discrétion et retenue, Guillemette Barioz sait se faire discrète durant les deux premiers segments avant de se voir confier le rôle déterminant dans une dernière partie troublante. Laissez-vous donc tenter par ce thriller domestique étonnant et intelligent qui ausculte les failles d’une famille, tout en s’interrogeant sur la
valeur de l’image filmée et sur la fragilité de tout point de vue.